Le jour où j’ai craqué

Aujourd’hui, tout le monde s’ouvre et partage une histoire touchant reliée de près ou de loin à la maladie mentale. Ces mots qui résonnent et qui effraient. Je travaille auprès d’une clientèle vulnérable depuis plusieurs années. Je reconnais les signes, je suis sensible et empathique et je suis toujours là, drette comme une barre pour tout le monde autour de moi. Ça ne prend pas un BACC en psycho pour voir venir le moment où j’allais craquer.

Comme plusieurs mamans qui travaillent de la maison ou à l’extérieur, qui entretiennent leur vie sociale et amoureuse tout en restant actives, toujours organisées et prêtes à affronter tempêtes et raz-de-marée, j’ai craqué. La pression, le stress, l’anxiété, la performance; l’estie de performance qui draine et qui empêche de dormir. J’suis pas la seule, loin de là. Nous sommes plusieurs dans le même bateau à ramer contre le courant à grands coups de vagues salées dans’ face.

J’ai tout essayé. Je médite, je consulte, je bois quasiment pas, je mange bien, je vais au gym mais rien n’y fait. J’ai appelé ma médecin de famille au début du mois de septembre, les yeux cernés d’insomnie, le teint vert et la tête pleine, beaucoup trop pleine. J’ai demandé de l’aide. J’ai pilé sur mon orgueil, j’ai enlevé mon costume de Superwoman et je me suis ouverte à une médecin formidable qui a su m’écouter. Je suis extrêmement privilégiée d’avoir accès à une personne aussi dévouée et qui a su m’accueillir dans le respect et le non-jugement.

Je prends de la médication depuis septembre. Ça va un peu mieux mais ce n’est pas parfait. Ça me donne un petit coup de pouce mais je travaille fort quotidiennement pour remonter. Je dois pédaler deux fois plus pour permettre à mon cerveau de se reposer. Le lâcher-prise, ce n’est pas ma force. Je dois me parler. Il m’arrive encore de craquer. Des jours où rien ne va, où je me décourage face à une candidature rejetée ou à une critiquer, mais ces journées sont de moins en moins fréquentes. Je prends maintenant le temps de ventiler, de parler sans me censurer, de refuser des invitations, de respecter mes limites et de ne plus anticiper. L’anxiété fait partie de ma vie et je dois conjuguer avec elle à tous les jours. Elle est sournoise et peut décider de refaire surface même dans les moments où tout va bien juste pour pas se faire oublier. C’est épuisant.

C’est important d’en parler mais surtout d’écouter. Parfois le silence est la meilleure façon d’accueillir une personne souffrante. Arrêtons de sortir les phrases clichées telles que :  » Vas prendre de l’air »,  »Respires par le nez » ou  » Anyways, tout le monde est stressé ». C’est irritant et crissement pas aidant. Prenons le temps d’en discuter aujourd’hui, demain et tous les autres jours de l’année.

#bellcause

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