Vivre avec la peur constante de faire dans ses culottes

Je publie rarement des billets d’humeur sur Ma banlieue mais je me devais de vous partager l’événement qui m’est arrivé la semaine dernière lors d’un voyage de presse

à Québec. Ma famille et moi avons été invités dans la Capitale-Nationale dans le but de découvrir les Fêtes de la Nouvelle-France via le blogue TPLMoms pour lequel j’écris sporadiquement depuis les 4 dernières années. Bref, j’ai vendu l’idée d’une escapade familiale à mon chum en omettant de lui mentionner que nous devions être déguisés.

Une fois sur place, nous avons été traités comme de la royauté: dodo à l’hôtel Delta, défilé des géants en mode VIP et dîner au Ciel, restaurant qui tourne au top du Concorde. Comme je vis avec la maladie de Crohn depuis que j’ai 19 ans (j’en ai maintenant 32), je prends toujours 1001 précautions quand je ne suis pas à la maison et surtout si je suis en déplacement. Je traîne habituellement l’artillerie lourde dont des Pepto Bismol, des Immodiums, des sacs en plastique et des couches pour adultes. Malheureusement, j’ai fait confiance à mon corps lors de mon passage en Nouvelle-France et j’ai été trahie par ce dernier.

Quelques minutes après avoir terminé mon assiette au Ciel, les premiers petits gargouillements se sont fait sentir. J’ai pris une gorgée d’eau en espérant que ça passe. Ce n’est qu’une fois à bord de la navette qui nous amenait vers le plus vieux bâtiment militaire de Québec que des coups d’épée se sont mis à me transpercer l’abdomen. Une douleur vive suivie d’une crise d’angoisse comme si ce n’est pas assez. Il fallait trouver une toilette et rapidement faute de quoi je faisais dans ma magnifique robe de bourgeoise. La « chance » me souriait car notre navette était arrêtée à la lumière rouge située juste en face de notre hôtel. À peine avait-elle eu le temps de ralentir que j’étais déjà en train de gravir les escaliers en direction des toilettes. Heureusement que ma nouvelle amie Ève Martel connaissait bien les lieux et a pris le temps de me dire où elles étaient alors que je descendais en panique du Sprinter.

Je me suis rendue de justesse aux chiottes et y suis restée un bon moment mettant le reste du groupe en retard sur l’horaire. Le reste de ma journée était fichue. J’ai traîné mon corps affaibli à travers la ville jusqu’à mon arrivée dans le train à la fin de la journée où je me suis enfin donnée le droit de manger et surtout où tout le stress est tombé.

C’est un stress constant, une maladie sournoise qui refait surface surtout quand on daigne l’oublier. Je remercie les personnes qui étaient avec moi d’avoir été aussi empathiques et bienveillantes car ce n’est pas toujours le cas. Vivre avec la maladie de Crohn, la colite ulcéreuse ou le colon irritable, c’est vivre avec la peur constante de faire dans ses culottes et Dieu sait que ça m’est arrivé plus souvent qu’autrement.

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