Porter l’école publique à bout de bras: faut que ça change maintenant

Où se trouve notre relève?

Pendant que notre système de santé va de mal en pis, n’allez pas penser que nos écoles publiques se portent ben ben mieux. J’y travaille depuis plusieurs années et je nous vois terminer nos journées le trou-de-cul en dessous du bras parce que c’est ce qui nous manque dans nos écoles : des bras! Où se trouve notre relève? 

En pleine saison des virus, des épuisements, des tempêtes et des maux de tête, les écoles se vident mais ne se remplissent pas. Que ce soit les profs, les éducatrices spécialisées, les préposées aux élèves handicapés et les éducatrices au service de garde, l’effet domino de l’absence d’une de ces personnes impactera le déroulement de la journée de toutes et chacune. 

Qui fait quoi?

Dernièrement, tous les rôles sont inversés, les tâches connexes sont exponentielles et les cernes noircissent en même temps que les journées allongent. Des directrices remplacent des enseignantes, des préposées jouent le rôle des éducatrices spécialisées pendant que ces dernières pallient pour tous les autres corps de métier. 

Les cohortes sont pleines au début du baccalauréat en enseignement, mais seulement c’est seulement le tiers des étudiants qui terminera ses études avec succès. Comment cela se fait-il? Je n’ai pas de diplôme universitaire en enseignement, mais je me suis informée autour de moi à savoir pourquoi il y a si peu de relève dans nos écoles. J’en retiens que le BACC serait crissement long, que les matières les plus pertinentes quant à la réalité scolaire d’aujourd’hui ne seraient que survolées rapidement et que les stages non rémunérés en découragent plus d’une. 

Bye bye prof

Pour le tiers qui gradue, la majorité quittera le métier d’enseignante dans les cinq premières années. Vocation, vous dites? Les élèves en difficultés d’apprentissage sont de plus en plus nombreux dans les classes et le soutien qui leur est offert est constamment dans la mire des coupures gouvernementales. Si je résume, les profs ont davantage d’élèves dans leurs classes, dont une grande partie avec des cotes qui génèrent des sous mal distribués, car leur soutien n’est pas priorisé. 

En ce qui concerne les membres du personnel de soutien scolaire, c’est encore plus facile à comprendre pourquoi les nouvelles diplômées se dirigent beaucoup moins vers les milieux scolaires. Certes, nous ne sommes pas forcées à faire des heures supplémentaires, nous avons des congés à Noël et à Pâques, mais nous ne savons jamais si nous allons avoir un job l’année d’après!

Nous avons mangé une méchante claque en 2015 quand l’austérité nous a dérobé nos emplois. Après que nous ayons pris les écoles en otages (façon poétique de dire que nous avons piqueté devant nos écoles respectives), notre cher gouvernement a soudainement débloqué des fonds pour réinvestir dans les services directs aux élèves. La joke là-dedans, c’est qu’en ce moment, Y’A PU DE MONDE! La majorité a décidé de crisser son camp, pas que ce soit bien mieux dans les autres milieux, mais bon. Les commissions scolaires sont prises pour engager pratiquement n’importe qui avec ou sans formation/expérience. Un diplôme en musique classique? Pas de problème, vous êtes prêts à commencer quand? Des personnes qui ne sont pas qualifiées, des enseignantes en histoire qui remplacent en classes T.S.A., pour ne nommer que quelques exemples complètement aberrants.  

Il est présentement quasi impossible de se faire remplacer à moins de prévoir une gastro 2 semaines d’avance. Nous sommes fatiguées de fournir en double pour éviter que les élèves n’écopent trop. Nous travaillons dans un milieu qui n’a aucune reconnaissance et nos jobs sont dépeintes horriblement dans les médias alors que des beaux moments avec nos élèves, nous en vivons à la pelletée. Le problème n’est pas là. Il est plutôt dans la gestion du personnel et dans l’investissement dans nos écoles. Comment pouvons-nous vivre avec des postes de 25 heures par semaine à moins de combler avec des surveillances de dîner, de l’aide au devoir et du service de garde. Pendant ce temps, le coût de la vie augmente, les tarifs des garderies augmentent, mais pas nos salaires et notre stabilité. C’est questionnant que ce soit les jobs où les femmes se retrouvent en majorité qui sont toujours les plus affectées. Qu’est-ce que nous apportons anyway à la société, hein? 

Que revendiquons-nous?

Les travailleuses et les travailleurs du secteur public se battent bien sûr pour améliorer leurs conditions de travail, mais également pour améliorer la qualité et l’accessibilité des services publics. Ainsi, plus ils obtiendront de bonnes conditions d’exercice, plus les services qui seront rendus seront à la hauteur des besoins.

Entrevue avec la présidente de la CSQ, Sonia Ethier.
Magazine la csq

Je vous invite d’ailleurs à lire attentivement cette entrevue qui décrit parfaitement la situation des travailleurs et des travailleuses du secteur public: http://magazine.lacsq.org/?fbclid=IwAR0Jd3pBDGeFEf-ZfhwPLYSI3uTvD5J3BvOGp3-Mnlth3kEWWLBKVmCDUIY

Non à l’austérité

Alors cette année, soyez indulgents envers le personnel de l’école de vos enfants. Il se peut très bien que le p’tit mot dans l’agenda ait été écourté ou que le sac à souliers ait été oublié. Nous avons le bien-être de vos flos à cœur, n’ayez crainte, mais nous devons également nous protéger avant de déclarer forfait beaucoup trop de bonne heure.

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