Pourquoi la haine n’a pas sa place en ce moment

Depuis un mois, cela me désole de constater une recrudescence des comportements et commentaires haineux envers certains groupes. C’est d’autant plus frappant que cela vient parfois de grands médias et de personnalités publiques. Je ne suis pas experte en tensions sociales, mais s’il y a une chose à laquelle je crois fermement, c’est que c’est important de les diminuer au minimum en ce moment.

Les Chinois, « grands coupables »

Il y a quelques mois, une de mes amies, une Québécoise d’origine chinoise établie à Bangkok, me mettait déjà en garde contre la propagation du fameux coronavirus en Asie et des commentaires racistes en lien avec cette situation. Sa soeur, étudiante dans une université montréalaise, avait subi des commentaires haineux en raison de son appartenance à la communauté chinoise. Ça m’avait brisé le coeur. Depuis, des gens continuent de prendre les Chinois (et les communautés asiatiques en général, certains ne font pas la différence) comme responsables de cette pandémie mondiale et, ainsi, de tous nos problèmes. Le pire, c’est que le président de nos voisins américains fait partie de ces gens…

Les Juifs, encore…

Le deuxième point qui me saute aux yeux et le retour en force de l’antisémitisme. La place des dérives de membres de la communauté juive du Québec, en particulier les hassiques, est considérable dans les médias: la communauté Tosh de Boisbriand qui devient un foyer d’éclosion de la COVID-19, le magnat de l’immobilier Michael Rosenberg qui se retrouve aux soins intendifs après avoir attrapé le virus au mariage de sa nièce le 16 mars dernier, le leader de l’opposition à Montréal Lionel Perez qui tient un rassemblement illégal pour les fiançailles de sa fille, etc. Cela me sidère que cette communauté religieuse soit, une fois de plus, le bouc émissaire en temps de crise sociale.

Bien sûr, plusieurs mettent de l’avant des faits qui n’ont pas aidé les Juifs québécois à appliquer les mesures de distanciation sociale: fête religieuse du 10 mars (Pourim), liens étroits avec des communautés newyorkaises, barrière de la langue, vie à l’écart de la société, familles nombreuses… Oui, ils sont partis avec deux prises dans la situation de quarantaine, mais cela ne justifie pas la vague de haine reçue dernièrement. Je crois que c’est le temps, plus que jamais, d’être solidaires et de travailler main dans la main avec eux pour les protéger du virus.

Imaginez si les annonces gouvernementales qui ont débuté le 12 mars l’avaient été un 2 janvier. Est-ce qu’on aurait blâmé les Chrétiens pour leur irresponsabilité, leur insouciance? Je ne crois pas. Les minorités religieuses ont souvent le dos large. Par exemple, en Inde, ce sont les Musulmans qu’on blâme pour la propagation du virus… Avec Pâques qui arrive, j’ai peur que cette catégorie de commentaires discriminatoires connaisse une hausse.

Les jeunes pis les vieux

D’autres groupes étant la cible de cette discrimination: les jeunes et les vieux. « Les jeunes continuent de jouer au soccer au parc Jeanne-Mance. » « Il y a encore des adolescents qui font le party. » « Les snowbirds arrêtent au Walmart avec leur motorisé à leur retour. » « J’ai vu plein de p’tits vieux qui faisaient la file à l’épicerie. » C’est vrai qu’il y a certains individus qui ont ces comportements et bien sûr que c’est frustant de les voir miner nos efforts pendant que c’est le chaos chez soi. En revanche, faire de la généralisation abusive est une tendance lourde qui serait à proscrire. Être bienveillant, c’est essayer de comprendre la source de ces actions, qui est bien souvent un sentiment que nous ressentons tous, c’est-à-dire une certaine détresse envers l’inconnu et la situation exceptionnelle que nous vivons. Crier après les autres ne fait qu’augmenter la tension et encourager d’autres mécanismes de défense.

Par ailleurs, un catalyseur majeur dans la propagation de la COVID-19 a été les voyageurs, particulièrement ceux qui sont allés à l’étranger pendant les semaines de relâche hivernale. Les commentaires désobligeants envers les vancanciers ont peu été entendus, mais même s’ils avaient été plus nombreux, qu’est-ce que cela aurait donné? Rien. Nous sommes tous dans le même bateau, c’est vraiment difficile, mais c’est le moment ou jamais d’être bienveillants et solidaires. Cela va durer encore des mois à mon avis et c’est primordial pour maintenir un ordre social. Bref, restez tous chez vous et aimez vous les uns les autres!

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